Paire de lampes en opaline peinte – XIXe siècle

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Paire de lampes «Pavots rouges et blancs»

Paire de lampes en verre opalin, France, vers 1860–1880. Décor peint de pavots rouges et blancs, bronze.

Anciennes lampes à huile — un rare cas de conservation d’objets anciens qui continuent de vivre dans un intérieur contemporain, conservant leur lien avec la culture décorative du XIXe siècle.

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Description

Paire de lampes «Pavots rouges et blancs»

Verre opaline, décor polychrome peint, bronze, fonte et ciselure.
France, vers 1860–1880.

Hauteur totale avec abat-jour : 60 cm.
État : excellente conservation des corps en opaline et des éléments en bronze.
Lampes transformées à partir d’anciennes lampes à huile : électricité et abat-jours (Angleterre) modernes.

Paire de lampes à corps en verre opaline de forme piriforme, reposant sur des bases en bronze ajouré. Le décor peint de pavots rouges et blancs se développe sur le corps des lampes en formant une frise florale continue. Les proportions et la plasticité de la forme conservent le caractère des lampes à huile françaises de la seconde moitié du XIXe siècle.

Matériaux et techniques
Le verre opaline est un type de verre caractérisé par une opacité laiteuse et une profondeur particulière, obtenues par l’introduction d’additifs minéraux, notamment des composés phosphatés de calcium. Sa surface constitue un support particulièrement favorable à la peinture.

Le décor est réalisé en peinture polychrome à la main, fixée par une cuisson à basse température.
Les bases sont en bronze coulé et ciselé, à décor richement développé.

Le verre opaline en France
L’opaline se développe en France au début du XIXe siècle, en réponse à l’intérêt croissant pour les effets mats et « pierreux » dans le verre. Dès les années 1820–1830, elle devient un matériau majeur des objets décoratifs. Dans la seconde moitié du siècle, la production atteint sa maturité : les formes se diversifient et les décors gagnent en richesse picturale.

Évolution du décor de l’opaline
Les premiers modèles privilégient des surfaces sobres, parfois rehaussées de dorure et de motifs néoclassiques. À partir du milieu du XIXe siècle, le langage décoratif évolue : les compositions florales se développent, la peinture devient plus libre et les contrastes chromatiques plus affirmés.

Le décor de pavots, traité avec une touche large et nuancée, s’inscrit dans cette évolution vers une approche plus picturale et expressive de la surface.

Lampes à huile et transformation
À l’origine, ces objets étaient des lampes à huile, dont le corps en verre dissimulait un réservoir métallique interne contenant le combustible, relié au brûleur. Dans la partie supérieure du col, des clés permettaient de régler l’alimentation en huile — caractéristique des lampes à modérateur, largement diffusées en France à partir des années 1830 et utilisées tout au long du XIXe siècle.

Sur ces lampes, ces éléments techniques ont été conservés avec soin, permettant d’identifier clairement leur fonction d’origine tout en préservant l’intégrité décorative de l’ensemble.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ces lampes occupent une place importante dans l’aménagement intérieur, associant fonction d’éclairage et valeur décorative. Au XXe siècle, nombre d’entre elles ont été adaptées à l’électricité, afin de préserver leur beauté et de prolonger leur présence dans les intérieurs.

Datation et style
La forme du corps, la typologie des bases en bronze et le caractère du décor permettent de situer ces lampes vers 1860–1880. Cette période correspond à un moment où le goût pour les motifs naturels s’affirme dans les arts décoratifs français, tout en conservant une base formelle héritée des modèles classiques. L’usage des lampes à modérateur à cette époque confirme cette datation.

État
Le verre opalin et les éléments en bronze présentent une excellente conservation. Les éléments électriques et les abat-jours sont modernes, réalisés dans le respect du caractère de l’objet. Les éléments visibles d’origine de la structure des lampes à huile sont conservés.

Caractéristiques esthétiques
L’association du verre opaline, à la lumière douce et diffuse, du décor floral peint et de la structure en bronze forme un ensemble cohérent et décorativement riche. Ces lampes conservent un lien direct avec la tradition de l’art décoratif français du XIXe siècle et trouvent naturellement leur place dans un intérieur où la qualité de la lumière et la présence des objets jouent un rôle essentiel.

 

Information complémentaire
Pour en savoir plus sur les lampes à huile du XIXe siècle, voir notre publication dédiée sur Antik-France.

 

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