Lustre Art Déco 12 lumières
Lustre «Fleur de Cannes»
Remarquable lustre français de l’apogée de l’Art déco, époque où la lumière électrique devient partie intégrante d’un nouvel art de l’intérieur. Le verre blanc en relief, les fleurs stylisées et l’éclat argenté du bronze nickelé incarnent l’esthétique des années 1920, où le luxe décoratif s’unit à la géométrie et à l’esprit de modernité.
Un exemple particulièrement expressif de l’art français du luminaire de son époque.
- Description
Description
Lustre «Fleur de Cannes»
Bronze, nickelage restauré ; verre pressé-moulé, dépoli
France, époque Art déco, vers 1925
12 points lumineux : 6 bras de lumière et 6 lampes à l’intérieur de la vasque centrale
Hauteur : 42 cm
Diamètre maximal : 70 cm
Restauration professionnelle complète ; nickelage restauré. Excellent état.
Attribution établie par expertise. Document d’expertise disponible.
Provenance : Cannes Enchères, Cannes, France.
Ce lustre a été créé au cours de l’une des périodes les plus brillantes des arts décoratifs français, vers 1925, lorsque l’Art déco atteint sa maturité et acquiert une reconnaissance internationale à la suite de la célèbre Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris. Au milieu des années 1920, ce nouveau style s’est déjà affirmé comme un langage artistique à part entière, associant la tradition du savoir-faire français à une esthétique résolument moderne.
L’esprit de l’époque se lit avec une particulière évidence dans le décor du verre. Roses et feuillages restent parfaitement reconnaissables, mais la nature n’est plus représentée avec la liberté caractéristique de l’Art nouveau. La fleur devient une rosace presque géométrique, les feuilles s’ordonnent selon un rythme rigoureux, tandis que les motifs végétaux s’associent à des successions de rectangles, des éventails et des lignes symétriques. L’Art déco ne renonce pas à la nature : il la transforme en soumettant l’ornement à une nouvelle discipline de la forme.
Le verre pressé-moulé devient l’un des matériaux essentiels du luminaire d’art français de cette période. Il permet de créer des reliefs profonds tout en faisant de la lumière électrique elle-même un élément de la conception artistique : la surface dépolie diffuse doucement la lumière, tandis que les parties saillantes accentuent le graphisme des formes.
C’est précisément au cours des années 1920-1930 que le luminaire d’art français connaît un essor exceptionnel, associé à de grands noms et manufactures tels que Muller Frères, Degué (David Guéron), Ezan, Schneider, parmi d’autres. La création d’un luminaire réunissait fréquemment le travail de verreries, de bronziers et d’éditeurs de luminaires, ces derniers assemblant en une œuvre achevée des éléments réalisés par différents ateliers. Cette organisation de la production explique également pourquoi certains éléments de luminaires pouvaient ne porter aucune marque.
Une autre caractéristique de cette nouvelle esthétique réside dans l’association du verre blanc dépoli et de l’éclat argenté du bronze nickelé. C’est précisément au cours des années 1920 que ces surfaces métalliques s’intègrent au langage artistique de l’intérieur moderne. Le nickel, puis un peu plus tard le chrome, évoquent l’électricité, l’esthétique de la machine et le progrès technique. L’Art déco français parvient cependant à transformer cet éclat d’apparence industrielle en un élément de luxe : grâce au nickelage, le bronze traditionnel acquiert une tonalité argentée, froide et résolument nouvelle.
Dans les luminaires, cet effet prend une force particulière. Les surfaces polies réfléchissent la lumière électrique, soulignent les lignes de la monture et créent un jeu de reflets au contact du verre dépoli doucement lumineux. Le contraste entre le métal argenté et le verre blanc en relief devient ainsi l’une des expressions les plus caractéristiques du luminaire d’art français de l’époque Art déco.
Ce lustre conserve néanmoins toute la sophistication décorative qui distingue l’Art déco français du fonctionnalisme plus rigoureux des années suivantes. La géométrie y côtoie encore les fleurs, la modernité technique dialogue avec l’ornement, tandis que le métal répond au modelé sculptural du verre. C’est précisément cet équilibre entre tradition et nouveau langage artistique des années 1920 qui fait tout le charme de cette pièce.
La restauration complète du lustre, réalisée dans le respect de son caractère historique et artistique, a été effectuée par l’atelier Antik-France — lustrier officiel de l’Assemblée nationale française.






















