Ensemble de quatre fauteuils d’angle coloniaux
1 500,00 €
«Quatuor Oriental»
Quatre fauteuils réunis comme un rare témoignage du dialogue entre l’Angleterre victorienne et l’Inde coloniale. Un ensemble complet où la tradition du mobilier britannique rencontre l’art de la sculpture sur bois exotique.
- Description
Description
«Quatuor Oriental»
Fauteuils d’angle coloniaux. Ensemble de quatre pièces.
Bois exotique sculpté, cannage.
Inde britannique ou Ceylan.
Vers 1880–1930.
Dimensions de chaque fauteuil : 76 × 64 × 60 cm.
État : très bon état.
Rare ensemble de quatre fauteuils d’angle représentatif du mobilier anglo-indien produit entre la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle. Ces créations sont issues de la rencontre entre les formes du mobilier anglais et les traditions artisanales développées dans les territoires de l’Empire britannique en Asie. Adaptés aux essences locales et au savoir-faire des ateliers indiens, les modèles européens y acquièrent un caractère décoratif particulier qui constitue aujourd’hui l’une des expressions les plus reconnaissables du goût colonial.
La structure reprend le principe du corner chair anglais, conçu pour prendre place dans l’angle d’une pièce ou autour de petites tables de conversation. Dans son interprétation coloniale, cette forme reçoit un traitement décoratif plus développé. Les dossiers sont ornés d’un travail ajouré composé d’entrelacs, de volutes et de motifs en goutte évoquant à la fois le vocabulaire néogothique et certaines influences orientales. Les accotoirs se terminent par des volutes sculptées à la main, tandis que les traverses tournées et les pieds travaillés renforcent l’élégance architecturée de l’ensemble.
Ces fauteuils illustrent également la rencontre entre l’héritage de Chippendale et l’esthétique anglo-indienne. Feuilles d’acanthe sculptées, extrémités en griffe et ajours décoratifs témoignent de la volonté d’associer les références du mobilier britannique aux traditions locales de sculpture sur bois. De telles pièces meublaient les résidences administratives, les clubs coloniaux et les demeures des élites britanniques établies en Inde ou à Ceylan.
Comme une grande partie du mobilier colonial de cette époque, l’ensemble ne porte ni estampille ni marque de manufacture. L’attribution repose sur l’analyse de la construction, du décor sculpté, des proportions et des techniques d’exécution. Les légères variations entre certains éléments décoratifs, la qualité du travail manuel et la patine naturelle du bois ancien confirment une production artisanale de la période.
La présence d’un ensemble complet de quatre fauteuils constitue un élément particulièrement remarquable. Les garnitures coloniales ont souvent été dispersées au fil du temps, rendant les ensembles homogènes de plus en plus difficiles à rencontrer. Conservés ensemble, ces fauteuils permettent d’apprécier l’intention décorative d’origine et l’équilibre d’un mobilier conçu comme un véritable ensemble.
Ils constituent aujourd’hui un témoignage caractéristique de la période de l’Inde britannique, lorsque les échanges entre l’Europe et l’Asie donnèrent naissance à un langage décoratif original, à la croisée des traditions occidentales et orientales.


























