Grande théière Jean Marais – céramique Vallauris
250,00 €
Grande théière tripode «De Jean Marais»
Pièce en grès signée Jean Marais, réalisée à Vallauris au milieu du XXe siècle.
Une œuvre à la plasticité sculpturale fortement affirmée et à l’image cohérente — un tournant créatif inattendu dans le parcours de la star du cinéma français Jean Marais.
- Description
Description
Grande théière tripode «De Jean Marais»
Grès, émail, rotin.
France, milieu du XXe siècle.
Dimensions : environ 40 × 38 × 25 cm.
Signature : Jean Marais (incisée dans la pâte crue).
État : très bon état.
Attribution expert (document disponible).
Un objet dans lequel la fonction utilitaire cède presque la place au geste plastique. Cette grande théière tripode se perçoit moins comme un simple récipient que comme une véritable affirmation formelle — dense, pesante, presque sculpturale.
Son corps arrondi, stable et massif semble façonné d’un seul mouvement assuré. Le bec, dépourvu d’élégance décorative, est tendu, presque abrupt, comme une projection d’énergie. Le couvercle, sobre et concentré, s’inscrit dans la même logique de retenue.
La surface vivante, légèrement rugueuse, aux nuances brunes profondes, évoque une matière traversée par le feu — une terre chauffée, presque minérale. L’objet donne l’impression de ne pas avoir été fabriqué, mais d’être issu d’un processus naturel.
Matériau et plasticité
La pièce est réalisée en grès — un matériau dense et chargé de présence. Contrairement à la porcelaine, il ne cherche pas la perfection lisse, mais affirme la résistance, la texture et la vérité matérielle.
L’émail, appliqué de manière irrégulière, crée des transitions subtiles et confère à la surface une profondeur presque naturelle, patinée.
L’anse en rotin introduit une dimension organique essentielle. Elle n’adoucit pas la forme, mais accentue au contraire le contraste entre la légèreté du végétal et la masse de la terre cuite. Ce dialogue des matériaux constitue l’un des éléments fondamentaux de l’œuvre.
Jean Marais et la céramique
À un certain moment de sa vie, Jean Marais s’éloigne résolument du cinéma, où il s’est illustré dans des œuvres emblématiques telles que la trilogie de Fantômas, Les Mystères de Paris, Le Masque de fer, Le Capitaine Fracasse, Napoléon, Si Versailles m’était conté et Le Comte de Monte-Cristo.
Acteur majeur et proche collaborateur de Jean Cocteau, il se tourne vers la céramique dans les années 1960. Installé à Vallauris, où Pablo Picasso avait auparavant travaillé, il entame un travail direct avec la matière.
Sa production ne recherche pas l’élégance décorative : elle privilégie le geste, la pression de la main et l’énergie contenue dans la forme. Ses œuvres se distinguent par leur densité, leur tension et leur caractère immédiatement reconnaissable — expression d’un parcours artistique singulier, dépassant l’image attendue d’une vedette du cinéma.
Caractère de l’objet
Cette théière se situe à l’opposé de la tradition de la vaisselle européenne raffinée.
Elle est stable, ancrée, presque tellurique. Les trois pieds lui confèrent une présence vivante, comme si elle était posée dans l’espace avec assurance. Sa forme exprime une force directe, sans compromis.
Il ne s’agit pas de rudesse, mais d’une simplicité pleinement assumée, portée à un haut niveau d’expression. Chaque élément y trouve sa nécessité et sa justification.
Sens artistique
Les œuvres de Jean Marais se situent à la frontière entre artisanat et sculpture.
Cet objet incarne cette tension : il réunit la main de l’artiste, la résistance du matériau et une forme de puissance naturelle.
Il ne se contente pas d’occuper l’espace — il le structure. Il existe comme une forme autonome, dans laquelle la fonction utilitaire devient secondaire.
Conclusion
Nous sommes en présence d’un objet à forte personnalité.
Il ne parle pas de goût, mais de caractère. Et c’est précisément ce qui lui confère une présence durable — au-delà des modes et du temps.































